Le rock français perd un grand nom", "la fin des Rita Mitsouko", ...
Ma première pensée à l'annonce de la mort de Fred Chichin n'a pas été pour le groupe, mais pour Catherine Ringer.
C'est pour elle que je souffre. Perdre son amour, son collègue, son complice à un peu plus de 50 ans, c'est d'une violence inouïe. Bien sûr, de tels drames surviennent chaque jour, plusieurs fois par jour, mais quand il s'agit de gens connus, ben on a l'impression de les connaître, comme aurait pu dire La Palice...
Et puis je les aimais tous les deux. J'enviais leur relation, j'admirais leur fusion. Un couple à la ville comme à la scène, comme on dit, c'est beau, quand on sait comment il est difficile de construire une relation à deux, ce que ça suppose d'honnêteté, de dépouillement, de travail de fondations. Un + un = 3. C'est souvent ce que je me dis. Il y a toi, il y a moi, deux passés,
deux mondes, deux systèmes de valeurs, deux constructions psychiques, deux perceptions de la vie. Et toi et moi, on va fonder une troisième entité, notre couple, cette zone commune à toi et à moi, suffisamment solide, explicite, minutieusement bâtie, et qui permet toujours à toi et à moi d'être, même si le couple a besoin de sacrifier une part de toi, une part de moi pour se fonder.
Alors quand le couple cesse d'exister, on se retrouve affaibli, hébété, vacillant, moribond. Ou alors il n'y avait pas de couple.
J'ai eu la même douleur pour Bertrand Cantat. Le pire pour un couple. Cantat aimait follement Marie Trintignant, il l'a tuée involontairement. Est-ce qu'on peut imaginer l'horreur abyssale de la douleur de cet homme quand il a appris qu'il avait enlevé la vie à son amour ?
Je me souviens d'avoir entendu dire "Pauvre connard, va croupir en prison, va mourir, ..." S'il l'avait tuée volontairement, oui... Mais là, non, non et non. Je n'ai plus de toi, je n'ai plus de couple, je n'ai que moi, coupable de ces deux disparitions...
Bref. Ne pas trop penser à tout ça. Au risque sinon de ne jamais vouloir aimer. Par peur de ne pas pouvoir se relever.